La théorie des réseaux locaux et étendus


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V. Les types d'organisation des réseau

V-1. L'informatique centralisée

Les premiers réseaux étaient propriétaires et centralisés, ils étaient conçus, fabriqués et mis en oeuvre par une seule société (c'était le temps du monopole d'IBM). De tels réseaux étaient constitués de matériels et de logiciels issus d'une seule société qui cumulait les rôles de constructeur, d'architecte et d'éditeur. Ces réseaux étaient vendus clefs en main, mais ils ne fonctionnaient pas avec d'autres réseaux, ils étaient compatibles avec eux même et c'était déjà beaucoup. L'architecture d'un réseau propriétaire était centralisée autour d'un gros ordinateur très puissant, pour l'époque, et de terminaux « passif » qui interrogeaient le super calculateur central (il y a une dissymétrie entre les clients et le serveur).

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Désormais, la conception d'une machine et l'organisation d'un réseau se sont largement ouvertes aux autres. On parle de réseaux décentralisés, répartis ou distribués. Les petites machines sont devenues bien plus puissantes avec les progrès de la technologie. C'est l'ère de la compatibilité, de la normalisation, de l'interopérabilité et des environnements hétérogènes (plusieurs types de machines peuvent cohabiter sur un réseau, plusieurs systèmes d'exploitation doivent coopérer ensembles, l'organisation interne et externe des réseaux est bien plus ordonnée et contrôlée). Les réseaux se sont interconnectés entre eux pour former une vaste « toile », et les perspectives sont si florissantes que les décideurs politiques parlent des « autoroutes de l'information ». Les ordinateurs font souvent partie d'un réseau, et les réseaux font partie d'un immense « maillage interplanétaire ». Les communications s'effectuent dans tous les sens et il n'y pas de dissymétrie entre les clients et les serveurs.

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Les réseaux sont dits soit « de postes à postes », soit de type « client/serveur ». En fait, dans la majorité des cas, un réseau est de type « mixte », c'est à dire que coexistent les deux types. Les réseaux client-serveur ou Postes à Postes peuvent fonctionner sur toutes les topologies (en bus ou en étoile,...) et toutes les architectures (Ethernet, FDDI,...).

V-2. Les réseaux postes à postes (peer to peer)

Les réseaux « postes à postes » sont également appelés des réseaux « Peer to Peer » en anglais, ou « point à point » ou « d'égal à égal ». Les réseaux postes à postes ne comportent en général que peu de postes, moins d'une dizaine de postes, parce que chaque utilisateur fait office d'administrateur de sa propre machine, il n'y a pas d'administrateur central, ni de super utilisateur, ni de hiérarchie entre les postes, ni entre les utilisateurs.
Dans un réseau peer to peer, chaque poste est à la fois client et serveur. Toutes les stations ont le même rôle, et il n'y a pas de statut privilégié pour l'une des stations (comme c'est le cas avec le Contrôleur Principal de Domaine (le CPD) dans un réseau client-serveur Windows NT).
Chaque utilisateur décide lui-même des partages sur son disque dur et des permissions qu'il octroie aux autres utilisateurs. Mais une ressource partagée l'est pour tous les autres utilisateurs, c'est le concept de « partage arbitraire » développé par Microsoft. Une ressource partagée sur un ordinateur apparaît sur les autres ordinateurs qui s'y sont connectés sous la forme d'une lettre de lecteur qui vient s'ajouter aux différentes partitions déjà présentes sur la machine, c'est ce que l'on appelle monter un lecteur distant.
Les réseaux Postes à Postes permettent de travailler en équipe, ou en « groupe de travail », et il peut coexister plusieurs groupes de travail au sein d'un même réseau (ce qui permet de constituer une segmentation logique des machines du réseau).
Les petits réseaux, comme les réseaux d'égal à égal, n'ont pas vraiment besoin d'utiliser la lourde pile de protocole TCP/IP, et peuvent se contenter de NetBEUI qui est plus rapide (il faut simplement identifier les machines par des noms différents, puisque ce sont ces noms de machines qui permettent d'adresser les paquets). NetBEUI est un protocole non routable, il ne fonctionne qu'à l'intérieur d'un seul segment de câble, il ne peut servir pour Internet, qui requière TCP/IP, ni pour étendre le réseau local avec des routeurs. NetBEUI est livré avec tous les systèmes d'exploitation de Microsoft.
Les systèmes d'exploitation Microsoft qui gèrent un réseau de postes à postes :

  • WINDOWS for WORKGROUPS, au début des années 1990, était un système d'exploitation qui consommait trop de mémoire vive pour faire fonctionner le réseau, et il n'en restait guère pour les applications. Par ailleurs, l'interface pour la configuration des paramètres réseaux n'était pas très intuitive. Enfin, le seul protocole fourni était NetBEUI.
  • WINDOWS 95 et 98, sortis en 1995 et en 1998, était le premier système d'exploitation multi tâches 32 bits (la configuration minimale : 8 Mo de RAM, processeur 386 DX). Le système était compatible avec un réseau NetWare (SPX/IPX) et était fourni avec la pile de protocole TCP/IP.
  • WINDOWS NT 3.1 en 1993 était le système d'exploitation destiné aux entreprises (la configuration minimale : 16 Mo de RAM, processeur 80486/33 et RISC). Le système était particulièrement lent et lourd, et n'exécutait pas très bien les applications 16 bits qui représentaient la majorité des applications de l'époque. La version WINDOWS NT 3.5 était une refonte complète du système, qui fut séparé en deux systèmes, WINDOWS NT WORKSTATION et WINDOWS NT SERVER, qui pouvait gérer un réseau centralisé autour de la notion de DOMAINE, et qui devenait plus robustes parce que les applications chargées en mémoire s'exécutent désormais dans des espaces mémoire séparés. La version WINDOWS NT 4.0 propose la même interface graphique que le populaire WINDOWS 95.
  • Etc...

Dans une organisation Postes à Postes, les clients « voient » toutes les autres stations clientes ou serveurs (dans l'icône « Voisinage Réseau » des interfaces Windows).
Les réseaux Postes à Postes sont faciles et peu coûteux à installer au départ mais deviennent très difficiles à gérer avec le temps. Ils conviennent pour les petites structures (moins de quinze postes) avec des utilisateurs compétents pour administrer eux-mêmes leur propre machine, et où la sécurité des données n'est pas un enjeu déterminant. En fait, de nos jours quelle société pourrait revendiquer satisfaire à tous ces critères sans se dévaloriser elle-même ?

V-3. Les réseaux Client/Serveur

Les réseaux Client/Serveur comportent en général plus de dix postes. La plupart des stations sont des « postes clients », c'est à dire des ordinateurs dont se servent les utilisateurs, les autres stations sont dédiées à une ou plusieurs tâches spécialisées, on dit alors qu'ils sont des serveurs. Les « postes serveurs » sont en général de puissantes machines, elles fonctionnent à plein régime et sans discontinuité.
Les serveurs peuvent être réservés ou dédiés à une certaine tâche :

  • Les serveurs de fichiers et d'impression
  • Les serveurs d'applications (applications bureautiques, applications de base de données)
  • Les serveurs de messagerie
  • Les serveurs de télécopies
  • Les serveurs PROXY pour accéder aux services de l'Internet
  • Les serveurs web pour publier le site Internet et servir les internautes
  • Les serveurs RAS pour les accès à distance
  • etc...

Dans une organisation client-serveur, les clients ne « voient » que le serveur. Le système d'exploitation du serveur peut être différent de celui des stations clientes. En tout cas, le système d'exploitation du serveur doit être véritablement multitâches afin de pouvoir servir un grand nombre de requêtes en même temps et de façon équitable, c'est à dire en octroyant le même temps processeur à chaque client.
Les systèmes d'exploitation réseaux qui gèrent les réseaux client-serveur :

  • WINDOWS NT SERVER de Microsoft
  • NetWare de Novell
  • OS/2 d'IBM
  • MACINTOSH d'Apple
  • UNIX
  • LINUX

V-4. L'avantage des réseaux Client/Serveur

L'avantage des réseaux Client/Serveur est de réunir deux avantages complémentaires, l'indépendance et la centralisation :

  • L'indépendance : Les stations peuvent travailler en mode autonome et ouvrir des sessions locales.Les communications se passent directement de clients à serveurs (sauf pour la connexion et le contrôle des droits et des permissions qui s'effectuent par l'intermédiaire d'un serveur d'authentification (qui peut être une machine dédiée), le Contrôleur Principal de Domaine dans un réseau NT).
  • La centralisation : L'administration du réseau est réalisée par un administrateur ou un super utilisateur qui gère le réseau et qui a tous les droitsLa standardisation des installations et des mises à jour des applications sur un très grand nombre de postes permet d'uniformiser la configuration d'un grand nombre de postes.La planification du réseau, son évolution, sa croissance, ses changements, etcLa stratégie de sécuritéLes sauvegardes

Dans un réseau client-serveur, avec des serveurs d'applications et de fichiers, et une configuration standardisée pour les stations clientes, il est très facile de changer une machine en panne. C'est « l'interchangeabilité » qui limite la durée d'une panne pour l'utilisateur (malheureusement l'environnement de l'utilisateur et sans doute les procédures de son activité sont relativement uniformisés). Toutefois, une organisation en client-serveur requiert des machines dédiées et très performantes. Les serveurs deviennent les points faibles du réseau et doivent être protégés rigoureusement, avec un système RAID par exemple.

V-5. La configuration minimum de WINDOWS NT 4 SERVER

Le système d'exploitation réseau WINDOWS NT 4 SERVER est un système qui peut fonctionner dans les deux modes :

  • Le mode autonome PEER to PEER
  • Le mode CLIENT SERVEUR

Le système d'exploitation réseau WINDOWS NT 4 SERVER ne fonctionne pas sur n'importe quelle machine, WINDOWS NT 4 SERVER a été conçu pour fonctionner avec au minimum une certaine configuration matérielle. La configuration matérielle minimum pour faire tourner WINDOWS NT 4 SERVER est la suivante (données du constructeur) :

  • Un processeur INTEL 80486/33 ou supérieur
  • 16 Mo de mémoire RAM ou plus
  • 125 Mo d'espace ROM sur le disque dur

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